Cherchant à préciser l'impression je me tournais vers l'horloge, en quête d'une réponse, le temps s'était-il bien arrêté ? Et pourtant non, l'aiguille continuait d'égrainer les minutes, irrémédiablement, de ce temps relatif qui n'appartient qu'aux humains et pourtant qui est presque tangible. Etonné de voir les secondes continuer à défiler sur le cadran, je m'aperçu soudain d'un bourdonnement, ou plutôt de plusieurs, peut-être même de centaine, de battements, D'un tempo composé de dizaine de rythmes différents, il n'était pas désagréable.
Cherchant la source de ces bruits, je me rends compte qu'elle n'était pas unique mais qu'elle provenait des clients autour de moi, dans un élan d'imagination insensé je me laissais à croire que s'était leurs c½urs, l'alcool pouvant vous faire accepter pas mal de chose. Puis continuant sur cette inspiration, j'essayais d'écouter mon propre tempo, mon propre c½ur, et là qu'elle ne fut pas pour moi le choc, je posais d'abord ma main sur mon torse et ne sentant rien je cherchais alors mon pouls, je ne le trouvais pas car je n'en avais plus.
Je relevais alors la tête, terrifié, un deuxième choc m'attendait, l'impression du départ n'en étais plus une, tout s'était arrêté autour de moi, même l'horloge. Tout non ce n'était pas vrai, une jeune fille s'approchait lentement de moi. Un seul mot aurait pu la nommer, paradoxe.
Elle était belle, mais d'une beauté qui se voulait presque passée, jeune tant qu'on la qualifier ainsi car sa démarche et son port laissait entrevoir celui d'une reine des temps oubliés. Elle portait une robe à carreaux irlandais dont la simplicité la rendait d'autant plus magnifique qu'elle semblait fragile et vulnérable.
Une douce musique l'accompagnait, d'ailleurs cet hymne me sembla fort incongru dans ce temps arrêté qui semblait avoir figé le monde entier sauf nous deux, nous deux ? Non nous trois, je le remarquais maintenant, c'était lui qui jouait cette musique, je ne l'avais d'accord pas remarqué, trop occupé à contempler cette fille sublime, et pourtant mon regard ne pour plus le lâcher lui, il était de profil, adossé au montant de l'entré du bar et jouait de la cornemuse, il portait un kilt et un gilet de cuir sous lequel son torse était nu.
Maintenant que je le regardais je remarquais que lui aussi était d'une beauté inhumaine, comme si trop parfait pour être enfermé dans ce carcan de chair le reste de sa beauté s'écoulait dans la musique qu'il jouait, n'en finissant plus de la faire fluctuer rappelant les doux paysages d'une patrie que j'aime et dont j'ai oublié le nom.
Je sursautais alors en me rendant compte que la jeune fille était à côté de moi.
- Il joue bien n'est-ce pas ?
- En effet.
Je la dévisageais de plus près, elle était très pale, presque translucide, et avais de long cheveux roux, des yeux bleus comme le plus purs des lacs.
Un corbeau pénétra alors par la porte, salué par un trille de « l'homme » à la cornemuse, et vint se percher sur l'épaule de la fille.
- Pour les personnes comme toi, un corbeau meure lorsqu'elles ne s'éteignent, de ce fait la mort se déplace elle-même.
Cessant de jouer, l'être en tartan se tourna vers nous ;
- Et ou se déplace la mort, un émissaire des dieux auquel croit le mort apparaît également, dans son cas, ce jeune homme ne croit en rien, aussi et même si il a rejeté ma religion, je parlerai par la bouche d'une personne qu'il respecte.
- Oui oui je sais cela.
Puis se détournant de lui, elle me regarda
- Le problème jeune homme, est que tu as été consumé par ta façon de voir le monde et un corbeau qui se voulait ton ami est venu à ta rencontre, espérant te faire changer, malheureusement il est mort, mangé par un chat, d'une certaine façon il est mort en voulant venir te sauver de ta solitude.
Et le corbeau dans un coassement prit alors la parole ;
- Jeune homme maintenant qu'un de mes fils est mort pour toi, tu te dois d'accepter la marque du corbeau, c'est un signe de tristesse qui je crois, te va bien.
Et la femme de reprendre ;
- Maintenant que tu as reçu la marque du corbeau, je peux t'emmener loin d'ici...
- NON !
C'était l'homme qui avait prit la parole ;
- Il est marqué par le corbeau, un de ces fils a donné sa vie en voulant le sauver en donnant sa vie, assez de mort aussi, j'agirai de façon détournée, comme le dieu chrétien que je suis l'à toujours fait.
Ce fut un brusque réveil vers une réalité
- Eh sa va ?
Mes yeux papillonnèrent un moment avant de reprendre tout à fait contact avec la réalité, je levais alors les yeux et vis son visage souriant, comme d'hab il était en costard, je baissais alors la tête et je vis qu'il avait ces ks comme, d'hab,
- Le corbeau dehors, on croyait qu'il était mort, en fait il s'est « relevé » d'un coup et il est partit. Et moi je rentre et je te vois piquer du nez.
- Merci, tu sais, même si là tu ne comprends pas, des fois on croit en avoir fait peu, et pourtant c''est beaucoup.